JAPON : Rituel Shintoïste

ART DE VIVRE et SPIRITUALITE JAPONAISE

La maison du saké

« Si je dis que là-bas la politesse est une religion, je fais entendre qu’il y a en elle quelque chose de sacré ; l’expression doit être dévoyée de façon à suggérer que la religion n’est qu’une politesse, ou mieux encore : que la religion a été remplacée par la politesse. » (Roland Barthes, sur le Japon)

En ce beau dimanche d’hiver, la maison du saké située au centre de Paris (11, rue Tiquetonne, Paris 2ème) est remplie d’un monde curieux et intéressé pour assister au rituel de présentation d’un nouveau saké.

Dès l’entrée de cette « maison » nous nous sentons régis par le « reigi », terme général employé pour signifier « politesse, courtoisie, étiquette », au Japon.

                                                                                              

On s’initie rapidement au « o-jigi », ce salut qui est le plus connu pour faire partie de l’étiquette japonaise : un mouvement qui part de la taille, avec le dos droit et les mains sur les côtés (pour les garçons et les hommes) ou plaquées sur les genoux (pour les filles et les femmes), le regard baissé. Et tout le long du rituel, nous remarquerons que, plus le salut est long et bas, plus l’émotion et le respect exprimés sont grands.

 

Le saké et sa fabrication

Le nouveau saké se nomme « SHINTO-NO-INORI » qui se traduit par « Prière dans la ville des Dieux », il présente un taux d’alcool d’environ 16 degrés et a vu le jour en 2016.

L’objectif est d’abord de dynamiser le tissu local grâce à la collaboration de l’Université shintoïste Kogakkan, les agriculteurs, les administrateurs et les brasseurs de Meiwa. Au-delà du contexte purement économique, le Professeur Senda de l’université Kogakkana a expliqué la portée civique, philosophique et culturelle de ce projet.

De prime abord, on ne voit pas le lien entre jeunes-universitaires, paysans-agriculteurs et administration-mairie. En fait, les jeunes universitaires sous la bienveillance de l’Etat (Mairie), des agriculteurs et des brasseurs sont initiés à cet art essentiel japonais du saké.

  1. Shimizu Kiyoshi, président de l’université Kogakkan, nous a expliqué la démarche de politique éducative par rapport à ce projet du saké. En effet, du point de vue strictement productif et culturel, les jeunes sont initiés à la culture traditionnelle du riz (de la préparation des rizières en passant par le repiquage, jusqu’au décorticage du riz), puis à toutes les étapes jusqu’au brassage. Le SHINTO NO INORI a été brassé dans deux brasseries de Meiwa, et développe ainsi deux saveurs : « Saiô » (du nom de la fille de l’empereur) et « Mimosusogawa » (du nom de la rivière d’où est brassé le saké)

Le saké et le rituel

Dans la tradition japonaise, on dit du saké que c’est « la boisson des dieux ». Les rituels Shintô, dans la production du saké, commencent au moment où l’on plante le riz dans un champ et se font à toutes les étapes, jusqu’à sa présentation aujourd’hui, à Paris. Ainsi, l’initiation philosophique et culturelle par les rituels des jeunes, se fait déjà à chaque niveau de fabrication du saké.

Pour nous, la dernière étape, le rituel de présentation consiste à découvrir la spiritualité japonaise tout en dégustant un nouveau saké.

                                

Un rituel de présentation qui est dirigé par un officiant shintô, Masatsugu Okutani du Sanctuaire d’Yabuhara, est fait pour remercier les divinités japonaises pour le bon déroulement de la production du nouveau saké et prier pour une paix mondiale éblouissante à l’image des caractères Meiwa (harmonie lumineuse).

Toute la cérémonie consiste à montrer respect et gratitude envers la nature pour la réalisation du nouveau saké SHINTO-NO-INORI. Vivre ce rituel en plein Paris donne une impression que le temps est suspendu un moment. L’officiant, après des gestes rituels qui consistent à purifier et manifester son respect à l’endroit, psalmodie un texte-poème en l’honneur des divinités. Puis des offrandes symboles sont faites par tous les notables présents. Toute la nature est représentée sur la table à offrandes : l’eau et le sel pour la mer et la montagne ; les légumes de saison pour la terre ; le saké et le riz représentent l’offrande aux divinités ; le poisson pour la mer ; les fruits pour les divinités des montagnes ; les plantes représentent la force de vie (sève) dans la cérémonie shintoïste.

La cérémonie se termine par le partage du saké afin de retourner à la vie normale !

 

Plusieurs personnes d’origine japonaise qui étaient présentes, ont assisté pour la première fois à ce rituel, et en étaient aussi impressionnées que nous.

Aujourd’hui, dans la relation complexe qu’entretiennent la modernité et les traditions alimentaires, ce lien avec le divin éclaire les succès et l’importance de cette boisson exceptionnelle, qui allie plaisir et spiritualité.

Les règles de politesse dans la culture japonaise sont essentiellement inspirées du shintoïsme et de la culture chinoise. Elles forment un ensemble de codes stricts dont le sens profond, bien entendu, prennent le pas sur l’importance du respect des manières.

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